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Agence Nationale pour le Développement Economique

une idée présentée par le Président de la République le 5 février dernier,

poser les questions qui rendent l’action possible…

L’emploi est aujourd’hui la question autour de laquelle le vivre ensemble de notre société s’organise grandement.

Il n’est pas acceptable que plus de 4 millions de personnes de la cinquième ou sixième puissance économique mondiale soient en dehors de la communauté.

Dans les quartiers sensibles bien sur, mais aussi dans les villages isolés des zones rurales reculées…

Le Président de la République s’est engagé le 5 février à ce que l’Etat agisse sur la question au travers d’une agence, à l’identique de ce qui s’est fait pour la rénovation urbaine…. Oui mais ….

 

Une agence pour quoi ?

? créer de l’emploi ? c’est travailler sur le monde de l’entreprise

? créer de l’activité ? ça ne génère pas forcement de l’emploi mais cela peut intéresser le monde de l’économie sociale et solidaire, en particulier les associations.

? accompagner les personnes vers l’emploi ?

? financer de l’activité créatrice d’emploi ? quelle solvabilité à long terme ?

? financer des investissements favorisant l’activité voire l’emploi ?

 

Une agence pour qui ?

? pour les habitants des seules banlieues ?

? la notion de territoire…. Le quartier, la ville, l’intercommunalité, le pays, le département, la région, la France, l’Europe, le monde, …

dans tous les cas le rural est aussi en tension que l’urbain sensible… il ne peut être laissé de côté.

 

Une agence comment ?

Pole Emploi, l’ANACT (agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail) sont des agences…. Est-ce cela qu’il faut créer à nouveau ?

 

Faut-il un nouveau machin ?

En France depuis plus de quarante ans nous avons multiplié les outils, procédures visant à accompagner les entrepreneurs, et en particulier les personnes en position de fragilité dans leur emploi.

A cela se rajoutent depuis des lustres les chambres consulaires (de commerce, des métiers et de l’artisanat, de l’agriculture) dont c’est le boulot que d’accompagner les entreprises dans leur développement et la création de nouvelles entreprises.

Du côté des financements, il existe une palette d’outils, anciens pour certains, appuyés sur des réseaux locaux (ADIE, PFIL, ….) qui interviennent aux côtés de méthodes plus récentes (love-money, business angels, crowdfunding,…) pour aider les entrepreneurs à amorcer leurs plans de financement et d’investissement… mais on le sait tous, ce sont les banques qui bloquent en mettant des conditions extravagantes pour garantir…. Leurs bénéfices et leur propre solvabilité.

La palette d’outils est déjà redondante et les actions menées ici et là par les membres du GNIAC démontrent que de nouvelles formes d’accompagnement sont encore en train de se faire jour.

 

***

 

N’est donc pas une fausse bonne idée qui ne peut que générer de nouvelles frustrations pour les citoyens et un peu d’autosatisfaction pour les politiques et les hauts fonctionnaires ?

 

Plutôt qu’une agence ne faut-il pas parler d’une méthode de travail, d’une volonté de partenariat, d’une nécessité d’évaluation, d’échanges des pratiques ?

 

Parce que c’est au plus près des gens qu’il faut agir, il s’agit de trouver la méthode pour que la palette de dispositifs déjà existant fonctionnent effectivement au bénéfice des personnes qui dans les quartiers sensibles mais également dans les villes, comme dans les campagnes tentent de créer ou de faire durablement vivre une entreprise qui crée à la fois une plus value pour le territoire local, ou pour un marché aujourd’hui non couvert.

 

Il faut également une volonté opiniâtre pour faire fonctionner cette méthode en dépassant les habituelles postures des uns et des autres acteurs des dispositifs qui tendent naturellement à ramener à leur institution le bénéfice de l’action …. Le partenariat est un combat… comme chacun le sait.

 

Il faut aussi avoir la rigueur de mesurer ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas dans les projets qui seront accompagnés. Les fausses bonnes idées ça existe…. Et il est aussi important de les repérer afin de faire gagner du temps à tout le monde en ne les reproduisant pas ici ou là au prétexte que cela n’a pas été encore tenté sur tel territoire… alors que cela d’évidence n’a pas fonctionné sur un ou plusieurs lieux avant.

 

Voilà quelques remarques pour les nombreuses réunions interministérielles qui vont avoir lieu dans les jours qui viennent pour tenter de traduire la volonté du Président de la République en une politique publique….

 

Jean Maillet

 

A (re)lire : le rapport de la mission accompagnement et anticipation des mutations économiques, sous la direction de Jean-Pierre Aubert, septembre 2014

http://www.chaire-mai.org/wp-content/uploads/2014/10/rapport-MAAMEFINALRévisé22_10_2014.pdf