la Lettre de Sursaut

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50 éditoriaux que l'on peut relire

Dimanche 10 septembre s'est déroulé l'Antigone des Associations.

Moment incontournable de la vie associative montpéliérainne auquel Montpellier 2020 y a participé comme chaque année avec un stand situé en face de l'hotel de la Métropole.

Le textes des 50 éditoriaux (52 1 50 e ditoriaux pdf52-1-50-e-ditoriaux-pdf.pdf)  que nous avons publiée au fil des mois et des années donnenr matière à discussion, voire à controverse...

Les éditos plus récents sont également à lire dans les différentes lettres parues depuis... diponibles dans l'onglet "la lettre de Sursaut".

 

Bonne lecture.

La Lettre de Sursaut de mars 17 est parue... son édito

  • Par
  • Le 26/02/2017

45-la-lettre-de-mars.pdf

Qu'est-ce que se revendiquer de "gauche" ?

 

A l’approche de la dernière étape de la présidentielle, il serait urgent que les divers candidats se réclamant « de gauche » puissent nous aider à répondre à cette question qui alimente les débats politiques et envahit les espaces médiatiques. Cette revendication d’appartenance qui devrait constituer la valeur commune la plus sûre pour cimenter l’union de tous ceux qui s’en revendiquent semble au contraire les diviser de façon irrémédiable. Ils se révèlent incapables de nouer l’union qu’avaient réussie à réaliser en 1981 les différents partis d’alors autour de la candidature de François Mitterrand. Aujourd’hui, c’est en son nom que les candidats se divisent et nous prennent à parti dans un jeu stérile de savoir qui « lave plus à gauche que la gauche » pour paraphraser Coluche. Ils nous laissent ainsi l’amère impression que la valeur suprême dont ils se font les apôtres ne vient qu’au second plan derrière la réussite de leur croisade individuelle.

C’est pourtant cette union qui avait permis à la gauche de prendre le pouvoir à une droite qui avait régné sans partage sur la cinquième République. Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer aujourd’hui, sa réalisation fut très loin d’être simple. Les circonstances historiques qui l’avaient entourée, les traditions et la force des partis en présence et le poids des personnalités de leurs leaders rendaient la chose plus qu’improbable aux yeux de tous. Il a fallu aux hommes de cette époque l’intelligence et le courage de dépasser les rancœurs accumulées dans les luttes sociales et politiques, les rivalités partisanes et militantes, et les ambitions individuelles au nom d’un bien commun républicain.

Aujourd’hui, les problèmes que rencontre la droite pour se réunir autour de leur candidat mis à mal par des comportements qui, même s’ils sont légaux, rendent sa crédibilité durablement invalidée sur le plan de l’éthique politique que l’on est en droit d’exiger d’un candidat à l’investiture suprême. La « gauche » a ainsi une opportunité inouïe : il serait gravement coupable de ne pas la saisir face à une extrême-droite qui, se nourrissant de la décomposition interne des Républicains et des jeux stériles politiciens, devient une menace réelle car crédible d’accès au pouvoir.

On assiste, malheureusement à gauche, à une perspective inverse : celle d’un fossé qui se creuse de plus en plus profond entre des personnes qui, pourtant, sont nées dans la même famille, le parti socialiste, qui leur a permis d’obtenir leurs divers mandats et (ou) postes ministériels et qui se réclament des mêmes « ancêtres », Mitterrand ou Rocard. Leur seul point commun semble résider dans une critique commune de l’action d’un quinquennat qu’ils ont contribué, eux-mêmes pour une large part, à rendre illisible et impuissante.

A ce jeu-là, nous ne saurons probablement plus demain ce que pourrait être la « gauche ». Par contre nous avons de fortes chances que la droite, la « vraie » nous renseigne clairement sur ce qu’elle est. Il sera alors trop tard pour pleurer et s’abriter derrière une responsabilité qui viendrait des autres.

 

Dernières infos : alors que nous bouclions ce numéro, de nouvelles actualités sont arrivées. D’abord des dynamiques d’alliance voient le jour comme si la prise de conscience de la nécessité de l’union préférée aux ambitions individuelles portait enfin ses fruits. Yannick Jadot s’est rallié à Benoit Hamon et un rendez-vous est fixé avec Jean Luc Mélenchon pour le début du mois de mars. François Bayrou, de son côté, a rejoint Emmanuel Macron, ainsi que François de Rugy. Le premier engagement de leur alliance porte sur les règles de moralisation de la vie publique. Réjouissons-nous que la gouvernance politique soit la priorité de leur programme politique.

Du côté de la droite, l’immoralité assumée continue sa route. François Fillon fait fi désormais de son engament à se retirer en cas de mise en examen : il récuse toute dépendance à la justice en revendiquant de ne se sentir « responsable que devant les français ». Marine le Pen, de son côté, refuse de se rendre à la convocation de la police judiciaire de Nanterre au prétexte que la campagne présidentielle ne devait pas être « perturbée par la justice » : elle n’y voyait aucun inconvénient, bien au contraire, lorsque cela concernait le candidat républicain. Comment prétendre accéder à la fonction suprême de chef d’Etat, c’est à dire de garant des institutions, lorsque l’on bafoue ainsi l’un des fondements de la République, c’est-à-dire la Justice, en lui dictant ses lois et en lui imposant ses calendriers. Elle prétexte également de son immunité parlementaire : preuve est que la candidate « antisystème » sait utiliser le système quand ça l’arrange.

La république des sondages …

  • Par
  • Le 07/09/2016

l'édito de la lettre de septembre...

 

Apprêtons-nous à l’approche des échéances présidentielles à être envahis par des pluies de sondages se déversant sur nos têtes républicaines aussi sûrement que les ondées orageuses de nos épisodes cévenols. Le dernier en date est celui de l’Ifop publié dans le dernier « Journal du dimanche ».

 

Il nous annonce que 85% de français ne souhaiteraient pas que François Hollande se représente : 59% chez les sympathisants PS, 81% chez ceux d’EELV et 86% au Front de Gauche. Ce chiffre rejoint celui de 1974 après une légère embellie à 78% en 2015 et un nouveau glissement à 80% l’an dernier. En même temps 74 % des personnes interrogées pensent que François Hollande sera quand même candidat à sa propre succession. Ils n’oublient probablement pas que les 8% dont il était crédité à quelques mois des échéances de la dernière présidentielle ne l’avait nullement empêché de candidater aux primaires pour la suite que l’on connait.

A la question « Seriez-vous prêt à voter pour telle personnalité si elle était candidate à l'élection présidentielle ? » les sympathisants de gauche plébiscitent Jean-Luc Mélenchon (41 %) devant François Hollande (36 %), Manuel Valls (34 %), Arnaud Montebourg (32 %), Emmanuel Macron (28 %), Benoît Hamon (25 %) et Cécile Duflot (21 %). Malgré tout, c’est François Hollande qui arrive en tête (46 %) du classement de la personnalité que l'ensemble des Français souhaiterait voir désignée comme candidate du PS à la présidentielle.

Du côté des Républicains, Alain Juppé arrive toujours en tête avec 37 % en tête du classement des personnalités de droite et du centre que les Français souhaiteraient voir remporter la primaire de droite. Le maire de Bordeaux devance Nicolas Sarkozy (31 %), Bruno Le Maire (13 %), François Fillon (10 %), Nathalie Kosciusko-Morizet (5%) et Jean-François Copé (1 %).

Conclusion : un sondage doit toujours se lire en termes de relativité. D’une part, une réponse à un item est souvent corrigée par une autre. D’autre part, un sondage ne constitue qu’une photo à un moment donné de la même manière que nos IPhone ou autres téléphones mobiles fixent nos selfies à un instant précis. 

Il n’en reste pas moins que les sondages sont des façonneurs d’opinion ; il faut bien être conscient. C’est là qu’ils peuvent jouer de façon dangereuse avec la marge de nos règles démocratiques. Ils peuvent ainsi encourager par incidence la désertion des électeurs au nom d’un « à quoi bon se déplacer si les jeux sont faits ! ».

Journaux, télévisions et radios, toujours à l’affût du scoop, mesurent à travers les sondages le plus souvent les seuls effets « miroir » des fluctuations d’opinion qu’ils engendrent eux-mêmes à travers leurs choix d’orchestration de telle petite phrase ou de telle anecdote. Sans compter les réseaux sociaux et la résonance à l’infini que peut créer un simple tweet maladroit (ou au contraire le plus souvent, très adroit). En football on appelle cela le « marquage à la culotte » : cette stratégie aboutit à des jeux le plus souvent stériles, ennuyeux et destructeurs. Les citoyens sont en droit d’exiger plus de grandeur, d’inventivité et d’ambition.