La république des sondages …

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  • Le 07/09/2016

l'édito de la lettre de septembre...

 

Apprêtons-nous à l’approche des échéances présidentielles à être envahis par des pluies de sondages se déversant sur nos têtes républicaines aussi sûrement que les ondées orageuses de nos épisodes cévenols. Le dernier en date est celui de l’Ifop publié dans le dernier « Journal du dimanche ».

 

Il nous annonce que 85% de français ne souhaiteraient pas que François Hollande se représente : 59% chez les sympathisants PS, 81% chez ceux d’EELV et 86% au Front de Gauche. Ce chiffre rejoint celui de 1974 après une légère embellie à 78% en 2015 et un nouveau glissement à 80% l’an dernier. En même temps 74 % des personnes interrogées pensent que François Hollande sera quand même candidat à sa propre succession. Ils n’oublient probablement pas que les 8% dont il était crédité à quelques mois des échéances de la dernière présidentielle ne l’avait nullement empêché de candidater aux primaires pour la suite que l’on connait.

A la question « Seriez-vous prêt à voter pour telle personnalité si elle était candidate à l'élection présidentielle ? » les sympathisants de gauche plébiscitent Jean-Luc Mélenchon (41 %) devant François Hollande (36 %), Manuel Valls (34 %), Arnaud Montebourg (32 %), Emmanuel Macron (28 %), Benoît Hamon (25 %) et Cécile Duflot (21 %). Malgré tout, c’est François Hollande qui arrive en tête (46 %) du classement de la personnalité que l'ensemble des Français souhaiterait voir désignée comme candidate du PS à la présidentielle.

Du côté des Républicains, Alain Juppé arrive toujours en tête avec 37 % en tête du classement des personnalités de droite et du centre que les Français souhaiteraient voir remporter la primaire de droite. Le maire de Bordeaux devance Nicolas Sarkozy (31 %), Bruno Le Maire (13 %), François Fillon (10 %), Nathalie Kosciusko-Morizet (5%) et Jean-François Copé (1 %).

Conclusion : un sondage doit toujours se lire en termes de relativité. D’une part, une réponse à un item est souvent corrigée par une autre. D’autre part, un sondage ne constitue qu’une photo à un moment donné de la même manière que nos IPhone ou autres téléphones mobiles fixent nos selfies à un instant précis. 

Il n’en reste pas moins que les sondages sont des façonneurs d’opinion ; il faut bien être conscient. C’est là qu’ils peuvent jouer de façon dangereuse avec la marge de nos règles démocratiques. Ils peuvent ainsi encourager par incidence la désertion des électeurs au nom d’un « à quoi bon se déplacer si les jeux sont faits ! ».

Journaux, télévisions et radios, toujours à l’affût du scoop, mesurent à travers les sondages le plus souvent les seuls effets « miroir » des fluctuations d’opinion qu’ils engendrent eux-mêmes à travers leurs choix d’orchestration de telle petite phrase ou de telle anecdote. Sans compter les réseaux sociaux et la résonance à l’infini que peut créer un simple tweet maladroit (ou au contraire le plus souvent, très adroit). En football on appelle cela le « marquage à la culotte » : cette stratégie aboutit à des jeux le plus souvent stériles, ennuyeux et destructeurs. Les citoyens sont en droit d’exiger plus de grandeur, d’inventivité et d’ambition.

 

 

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